Pour retrouver sa liberté perdue depuis longtemps déjà, Daniel n’avait eut qu’un pas à franchir… mais quel pas ! Laissant le poids des mois passés dans la forteresse et l’affreux docteur Eam derrière lui, il parcourait désormais à l’inverse le même petit chemin de terre battue qu’il avait sillonné quatre ans auparavant. A présent il ne lui restait qu’une chose à faire : marcher.
Il n’y avait pas un nuage dans le ciel bleu de la plaine d’herbe sèche qui semblait infinie. Pire encore, quand Daniel scrutait l’horizon, il ne voyait rien d’autre que ce sentier qui paraissait s’allonger encore et encore au fur et à mesure que le jeune homme mettait un pied devant l’autre. C’est donc sous un soleil de plomb, vêtu de rien d’autre que de cette espèce de tunique blanche trainant dans la poussière et sans la moindre idée de ce qu’il trouverait au bout de la route que Daniel continua son évasion.
Au bout d’un moment, quand la lumière du jour commença à faiblir et la nuit tomber sur la plaine, Daniel réalisa soudain. Il ne savait même pas qui il était et pourquoi il s’était retrouvé à jouer les cobayes pour Eam. Avait-il vraiment un lieu pour se réfugier ? Peut-être même avait il mérité toutes les horreurs qu’il avait enduré ? Plus la nuit tombait, plus le doute s’installait en lui. Ce n’est qu’au moment ou il scruta les premières étoiles qui étaient apparues dans le ciel orangé qu’il aperçut une intense lueur bleue.