Sans accorder un regard à ce cassoulet devenu tout à fait incongru avec cette tête qui trônait au milieu des haricots blancs, coquettement agrémentée par les saucisses de Toulouse, qui, collées à ses oreilles, faisaient office de grotesques pendentifs, nos trois visiteurs, Drané, Mirauce et Riepre déjà nommés, tournèrent les talons, les narines offusquées par l’odeur de cette infâme nourriture.
La vieille dame, toujours consciente, l’esprit même plus aiguisé qu’il ne l’avait jamais été, crut percevoir quelques sons qui semblaient provenir de leur abdomen, à la manière de quelque ventriloque, sans qu’elle vit leurs minces lèvres bouger.
Avant de quitter la pièce, l’un d’entre eux alla prélever quelques échantillons de divers ingrédients servant à sa cuisine ordinaire et s’empara également d’un pot de cornichons qu’il considéra avec curiosité.
Il se retourna alors en direction de la malheureuse étêtée, dirigea sur elle ce qui lui sembla être un éclair fulgurant et, dans une gracieuse envolée, sa tête quitta le plat de cassoulet pour revenir prendre place sur son corps resté figé dans une position de garde républicain.
Il coulait un peu de sauce sur son cou qu’elle essuya machinalement et c’est seulement après avoir accompli ce geste saugrenu qu’elle se mit à....