mercredi 19 mai 2010, par Spiréal
Je me sens mort.
Toute ma vie, on m’a standardisé, on m’a dit que j’étais banal, sans intérêt, déjà fini. J’avais des copains aussi normaux que moi, des cours sans génie et sans idiotie, des passions pas fouillées. Bref, j’étais normal. Mais qui peut se targuer d’être normal aujourd’hui ? Personne, car c’est débile de le dire.
J’ai vu les gens s’adorer d’un amour fou ou superficiel, et moi, comme un con, j’ai aimé. J’ai vu les gens planifier tout à fond ou vivre avec les soucis du direct, et moi je me suis juste organisé. Et j’en passe, et j’en pleure.
Donc, tout ma vie, j’ai cherché une vie rare, j’ai voulu me démarquer, m’attaquer à la vie pour lui dire, en lui plantant ma lance entre ses os "Je suis unique !" Au moins faire autre chose que match nul.
Alors, j’ai commencé ma démarche en cherchant les villes du monde à partir de la fin, pour savoir ou j’habiterai, tout cela au hasard, le juge qui m’a été le plus favorable. Je suis tombé sur Winnipeg. Hop, direction le Canada, il y aura plus de choses à faire.
J’ai pu désormais me vanter d’avoir eu du culot, d’avoir tout lâché. Ça aurait pu me suffire, mais il fallait continuer. C’est normal d’oser à petite échelle.
Pour continuer, J’ai ensuite cherché ma maison. Toujours en partant de la fin du catalogue de l’agence immobilière. Celle que j’ai choisi était nettement au dessous de mes moyens, mais sans visite, je l’ai acheté. Là, c’est du culot à grande échelle.
Mais bon, il en faut encore. Maintenant je me suis dit qu’il fallait être l’homme le plus unique au monde, pour enfoncer le clou et pour ne pas me reposer sur mes lauriers. Alors j’ai décidé de partir chercher un objet rare, peut-être caché au Canada (qui sait ? ), qui n’est d’autre que...