Jean-Phil est un gars bien ! Il aide sa concierge à descendre les poubelles, il participe activement à la vie de la cité et il aime, par dessus tout, observer les enfants jouer dans le parc du quartier.
Mais ce matin, alors qu’il se rendait nourrir les canards du bassin, un objet métallique qui scintillait au fond de l’eau attira son attention. Il se leva de son banc, se rapprocha et plongea la main pour retirer cet étrange objet partiellement enfoui dans la vase.
C’était une sorte de bracelet. Etonnament, cet objet ne semblait pas usé par l’eau...et le temps, car il était certain que la personne qui avait forgé cette chose ne devait plus souvent trainer dans le coin ! Il le secoua dans l’eau, en surface, pour enlever la vase collée et le posa sur son bras. Un fermoir solide claqua et telle une menotte, emprisonna son poignet. Il était ridicule avec cet objet ! Il baissa la manche de son polo et s’empressa de retourner chez lui pour trouver un moyen de sortir ce truc.
Evidemment, aucun outil ne permit de l’ouvrir et ne serait-ce que d’entamer le métal... A quoi pouvait servir une telle chose ? Il oublia vite l’idée de se couper la main et retourna vaquer à ses occupations.
Il est 15 heures, il sent la pression monter, sans aucune raison apparente, il devenait irritable et nerveux. Ce n’était pas son tempérament, plutôt calme d’habitude. Le bruit de la rue lui chauffe les oreilles. Au pied de l’immeuble quelques gamins allument méthodiquement des pétards depuis bientôt vingt minutes... Il ouvre la fenêtre et crie : "STOP" !
Le temps, le temps...le temps disparaît...un bourdonnement énorme...tout se compresse comme le son d’une platine sur laquelle on réalise une pression d’un doigt. Les bruits s’estompent, les oiseaux se taisent. Il se penche à nouveau à la fenêtre et le spectacle qui s’ouvre à ses yeux le laisse ébahi : les gens sont figés dans leur activité, les voitures sont arrêtées sur la route. Il se sent absorbé, dans un vertige, par le trou béant des 3 étages sous ses pieds. Il se recule et ses jambes se dérobent quand il apperçoit à quelques mètres de lui, comme une peinture, un oiseau en suspension dans l’air.